Volume 13 • 2026 • Numéro 5

Le magazine de l’Association dentaire canadienne 2026 • Volume 13 • Numéro 5 + DANS CE NUMÉRO Les médicaments GLP-1 et la santé buccodentaire P. 14 Combler les lacunes : Au sein d’un service dentaire hospitalier P. 18 S’occuper des patients sous chimiothérapie : Un guide pratique pour les dentistes généralistes P. 22 Une nouvelle façade numérique pour l’ADC Page 8 PM40064661

Le remplissage en vrac Extrêmement performant Découvrez ce que le bioactif est capable de faire. pulpdent.com/bulk-fill-overachiever LIBÉRATION ET RECHARGE D’IONS DE FLUORURE, DE CALCIUM ET DE PHOSPHATE DÉFENSE CONTRE LA MICRO-INFILTRATION1 MODULATION DES BIOFILMS2 1Zmener O, Pameijer CH, Della Porta R. Efficacy of Bioactive Resin Composites in Sealing the Marginal Gap: An Ex Vivo Study. Scientific Archives Of Dental Sciences. 2025;7(9):48-54. 2See: Maher YA, Rajeh MT, Hamooda FA et al. Evaluation of the Clinical Impact and In Vitro Antibacterial Activities of Two Bioactive Restoratives against S. mutans ATCC 25175 in Class II Carious Restorations. Nigerian Journal of Clinical Practice, 2023;26(4):404-411. Mah J, Merritt J, Ferracane J. Adhesion of S. mutans biofilms on potentially antimicrobial dental composites. J Dent Res. 2017;96:2560. | 80 Oakland Street Watertown, MA 02472 États-Unis | (800) 343-4342 | pulpdent.com Avant et après le traitement avec ACTIVA™ BioACTIVE Bulk Flow™. Images fournies par le Dr Les Rykiss. Tout ce que vous attendez d’un remplissage en vrac, en plus d’une performance bioactive MEILLEUR PRODUIT BALAYEZ POUR VOIR LA DÉMO

Responsable de la gouvernance et des communications Zelda Burt Chef de la rédaction Sean McNamara Rédacteurs-réviseurs Sierra Bellows Gabriel Fulcher Pauline Mérindol Spécialiste des publications Michelle Bergeron Concepteur graphique Carlos Castro Publicité de Pour toute demande concernant les annonces publicitaires, les annonces en ligne et les petites annonces, ou pour obtenir le dossier de presse 2026 de l’ADC, veuillez contacter : Michelle Bergeron, Spécialiste des publications de l’ADC mbergeron@cda-adc.ca L’essentiel de l’ADC est disponible en ligne à l'adresse cda-adc.ca/fr/ essentials. Toutes les annonces publicitaires et petites annonces sont incluses dans la version PDF complète, avec des liens directs vers les sites Web des entreprises/ produits. La version en ligne L’essentiel de l’ADC génère plus de 21 000 pages vues par mois. Point de contact de Michelle Bergeron, Spécialiste des publications de l’ADC mbergeron@cda-adc.ca Courriel de L’essentiel de l’ADC : publications@cda-adc.ca Avis de changement d’adresse à envoyer à : reception@cda-adc.ca ou publications@cda-adc.ca cda-adc.ca L’essentiel de l’ADC est publié par l’Association dentaire canadienne dans les deux langues officielles. Entente d’envoi de poste-publications no 40064661. Retour des envois non distribuables aux adresses canadiennes à : Association dentaire canadienne, 1815, promenade Alta Vista, Ottawa (Ontario) K1G 3Y6. ISSN 2292-7387 (version imprimée) ISSN 2292-7395 (version électronique) © Association dentaire canadienne 2026 Avis de non-responsabilité Les collaborateurs assument l’entière responsabilité de leurs opinions et des faits dont ils font état et ceux-ci n’expriment pas nécessairement les opinions de l’Association dentaire canadienne (ADC). La publication d’une annonce commerciale ne signifie pas nécessairement que l’ADC en appuie ou en endosse le contenu. L’équipe éditoriale se réserve le droit de corriger les textes soumis pour publication dans L’essentiel de l’ADC. De plus, l’ADC ne peut être tenue responsable des erreurs de texte ou de traduction. Le contenu commandité est créé exclusivement par les annonceurs, en partenariat avec PGMPI. L’équipe éditoriale de L’essentiel de l’ADC n’intervient pas dans sa création. Conseil d’administration de l’ADC Président Dr Kirk Preston Dre Lesli Hapak Ontario Énoncé de mission de l’ADC Fondée en 1902, l’ADC est une organisation constituée sans but lucratif et en vertu d’une loi fédérale, et dont les membres corporatifs sont les associations dentaires provinciales et territoriales (ADPT) du Canada. L’ADC représente plus de 21 000 praticiens d’un océan à l’autre et est une marque et une source d’information fiable pour et sur la profession dentaire concernant des questions nationales et internationales. est la publication imprimée officielle de l’ADC, offrant un dialogue entre l’association nationale et la communauté dentaire. Le magazine sert à informer les dentistes au sujet d’actualités, de nouvelles cliniques et d’enjeux pertinents à la profession. Dre Daron Baxter Manitoba Président désigné Dr Jason Noel Vice-président Dr Marc Mollot Dre Joy Carmichael Nouveau-Brunswick Dr Jerrold Diamond Alberta Dre Mélissa Gagnon-Grenier T.N.-O./Nunavut/Yukon Dr Todd Graham Saskatchewan Dre Janice Stewart Île-du-Prince-Édouard Dr Paul Hurley Terre-Neuve-et-Labrador Dr David Lim Colombie-Britannique Dr Stuart MacDonald Nouvelle-Écosse 2026 • Volume 13 • Numéro 5 @CdnDentalAssoc canadian-dentalassociation Canadian Dental Association cdndentalassoc cdaoasis 3 Numéro 5 | 2026 |

Sommaire L’ADC sur le terrain 7 Mot du président : La force de l’écoute 8 Une nouvelle façade numérique pour l’ADC L’observatoire 11 En bref 14 Les médicaments GLP-1 et la santé buccodentaire Point de mire 18 Combler les lacunes : Au sein d’un service dentaire hospitalier 22 S’occuper des patients sous chimiothérapie : Un guide pratique pour les dentistes généralistes Pratico-pratique 26 Repenser la façon de discuter de la maladie parodontale 28 Connaître la loi : Traiter les plaintes des patients au sujet du personnel 30 Comprendre la contagion émotionnelle dans un cabinet dentaire 32 Protéger votre cabinet sans compromis sur la confiance Le magazine de l’Association dentaire canadienne 2026 • Volume13 • Numéro 5 Petites annonces 35 Postes vacants, à vendre et index des annonceurs 14 26 22 Dernier hommage 38 Dr Alastair Nicoll 38 5 Numéro 5 | 2026 |

La force de l’écoute Aujourd’hui, dans les cabinets dentaires, la technologie permet une meilleure observation et des diagnostics plus précis. Grâce à elle, nous pouvons proposer des traitements inimaginables au début de ma carrière. Pourtant, l’un des outils les plus précieux dont nous disposons reste l’un des plus simples, notre capacité d’écoute. L’écoute nous aide à devenir de meilleurs cliniciens. Elle permet des diagnostics plus clairs, en révélant des détails qui ne sont pas forcément visibles d’emblée sur les radiographies, les scanners ou par la seule observation clinique. Elle nous aide à comprendre les circonstances et les préférences qui influencent les décisions thérapeutiques. Mais surtout, elle nous permet de prodiguer des soins centrés sur la personne assise dans notre fauteuil. J’ai constaté que mes patients sont plus enclins à accepter les recommandations de traitement lorsqu’ils se sentent écoutés et compris. Et ils sont plus enclins à suivre les conseils préventifs lorsqu’ils savent que j’ai pris en compte leur point de vue. Le rythme effréné de la pratique peut compliquer l’écoute. Nos fauteuils sont pleins, nos horaires sont chargés, mais la médecine dentaire est une profession d’action. Nous sommes rétribués pour nos actes, et non pour rester assis en silence pendant qu’on nous raconte une histoire. Cependant, l’écoute ne doit pas être considérée comme une pause parmi les aspects productifs d’un rendez-vous. Elle est le début de la prise en charge. En tant que prothésiste dentaire, je reçois souvent des patients dont les préoccupations n’ont pas été résolues ailleurs. Dans certains cas, le travail clinique n’est qu’une partie du problème. Le patient et le dentiste peuvent avoir une lecture très différente d’une conversation et l’interpréter différemment par rapport à ce qui a été recommandé et à ce à quoi on pouvait raisonnablement s’attendre. Un patient peut se présenter avec un problème immédiat, alors que notre examen révèle une liste bien plus longue de besoins. Nous avons la responsabilité professionnelle d’expliquer ce que nous constatons et de recommander les soins appropriés. En même temps, le patient n’est peut-être pas prêt ou pas en mesure de s’occuper de tout d’un seul coup. L’écoute nous permet d’établir ensemble les priorités. Elle peut révéler une anxiété, une préoccupation financière ou une expérience passée qui influence les comportements ou les décisions du patient. Il est nécessaire de laisser la personne finir de parler, de poser davantage de questions, de reconnaître un moment d’hésitation ou de l’inviter à décrire le plan proposé avec ses propres mots. Cela peut éviter d’importants malentendus et renforcer la confiance, conduisant ainsi à de meilleurs soins. Une revue systématique qualitative de 36 études, publiée dans le Journal of Dental Research, a révélé que les patients considèrent le respect, l’empathie, la communication et la prise de décision partagée comme des composantes essentielles à des soins dentaires de qualité.1 Au-delà de l’expérience vécue en cabinet, ces qualités contribuent à renforcer la confiance des patients et à favoriser leur participation active à leur parcours de soins. L’importance de l’écoute s’étend bien au-delà de la salle de soins. Au sein de nos cabinets, nous devons être à l’écoute de nos équipes. Au sein de la profession dentaire, nous devons être à l’écoute de nos collègues dont les expériences et les points de vue peuvent différer des nôtres. Écouter ne signifie pas nécessairement être d’accord ni mettre de côté nos opinions et notre jugement professionnels. C’est une expression de respect, fondement d’une collaboration constructive. Alors que les outils, les techniques et les structures de notre profession continueront d’évoluer, ce sont nos valeurs qui guideront notre façon de nous adapter. Un leadership efficace ne repose pas nécessairement sur des réponses immédiates et tranchées. Sa plus grande force réside dans la capacité à écouter, à prendre du recul et à chercher à comprendre pleinement la question avant d’y répondre. Mot du président Dr Kirk Preston president@cda-adc.ca 1. Tay AHC, Chow DY, Ng E, Chen SMS, Ong YJ, Tay JRH. How patients define quality in dental care: a qualitative systematic review. J Dent Res. 2026 Sep 7:220345261474417 Numéro 5 | 2026| L’ADC sur le terrain 7

Une nouvelle façade numérique pour l’ADC L’Association dentaire canadienne a remanié son site Web (cda-adc.ca) afin d’offrir une expérience utilisateur plus intuitive, un contenu bilingue actualisé et une technologie moderne, dans le but de faciliter l’accès à des informations et à des services fiables. L’ADC a lancé en septembre son site Web entièrement repensé, marquant ainsi une étape importante de son initiative globale de modernisation lancée en 2024. «Ce nouveau site Web représente bien plus qu’une simple refonte visuelle, explique le Dr Aaron Burry, directeur général de l’ADC. Nous voulions permettre aux utilisateurs de trouver plus facilement les informations et les services dont ils ont besoin, tout en mettant en place une plateforme numérique plus solide, capable d’évoluer avec nous au fil du temps.» Cette refonte est le fruit d’un travail approfondi de planification, de révision et de développement des contenus, ainsi qu’une modernisation en profondeur de la technologie derrière la principale plateforme numérique publique de l’ADC. Il en résulte une infrastructure plus moderne, plus sécurisée et plus flexible, conçue pour répondre aux besoins actuels des utilisateurs tout en permettant à l’ADC de continuer à développer de futurs services en ligne. Faciliter la recherche d’informations L’un des principaux objectifs de la refonte du site Web était de permettre aux visiteurs de trouver plus facilement les informations qu’ils recherchent. Le nouveau site Web offre une navigation améliorée et simplifie l’accès aux ressources essentielles, ce qui permet aux utilisateurs de trouver plus aisément les informations qui les intéressent. Son design épuré et réactif offre une expérience cohérente, que les utilisateurs accèdent au site depuis un ordinateur de bureau ou un appareil mobile. Cette attention portée à la facilité d’utilisation s’appuie sur les retours d’expérience des dentistes et du grand public. Les informations que les utilisateurs trouvent en naviguant sur le site ont également fait l’objet d’un travail considérable. Le contenu bilingue a été revu, mis à jour et réorganisé afin d’améliorer la clarté et l’accessibilité, et de mieux adapter les informations aux besoins des différents publics de l’ADC ainsi qu’aux priorités stratégiques de l’association. «Les gens se tournent vers l’ADC pour trouver des informations fiables, qu’ils soient dentistes, patients ou autres. Le nouveau site Internet nous aide à rendre ces informations plus faciles à trouver et à consulter», explique le Dr Burry. La manière dont les gens tendent à accéder aux informations et aux services a changé. Cette nouvelle plateforme nous offre davantage de flexibilité pour répondre à ces attentes et continuer à améliorer l’expérience numérique que nous proposons. 8 | 2026 | Numéro 5

Modernisation en profondeur Certains des changements les plus importants apportés au site Web ne sont peut-être pas visibles au premier abord. La refonte comprend un nouveau système de gestion de contenu et une plateforme technologique modernisée. Ces changements offrent à l’ADC une plus grande flexibilité pour gérer et mettre à jour efficacement le contenu, tout en fournissant une base plus solide pour les améliorations futures et les services numériques. La sécurité des transactions et des paiements en ligne a également été renforcée. « La manière dont les gens tendent à accéder aux informations et aux services a changé. Cette nouvelle plateforme nous offre davantage de flexibilité pour répondre à ces attentes et continuer à améliorer l’expérience numérique que nous proposons », explique le Dr Burry. Le Test d’aptitude aux études dentaires (TAED) est un bon exemple de cette évolution. Grâce à de nouvelles fonctionnalités en libre-service, les futurs dentistes peuvent désormais gérer plus facilement leur compte et effectuer leurs transactions en ligne. Cette modernisation illustre concrètement la façon dont le site Web remanié simplifie l’accès à l’information et permet aux utilisateurs d’interagir plus directement avec les programmes et les services de l’ADC. Une présence numérique bilingue renforcée La mise à jour du site Web a également été l’occasion d’examiner de plus près les contenus de l’ADC en français et en anglais. Plutôt que de transférer les contenus existants vers une nouvelle plateforme, l’ADC a placé la révision et le développement des contenus au cœur de ce projet de modernisation. Le contenu dans les deux langues officielles a été mis à jour et réorganisé afin d’améliorer la clarté, l’accessibilité et la pertinence pour les publics cibles. Ce travail est d’autant plus important que les utilisateurs consultent le site pour des raisons très diverses. Les dentistes peuvent y chercher des ressources professionnelles, le grand public, de l’information sur la santé buccodentaire, et les candidats au TAED, des services qui leur sont destinés. Le site remanié simplifie ces différents parcours et permet à chacun d’accéder plus rapidement et directement à l’information ou aux services recherchés. Faire entendre la «Voix de confiance» de l’ADC La modernisation du site Web s’inscrit également dans le cadre plus large de l’orientation stratégique de l’ADC. La nouvelle plateforme répond à plusieurs priorités de l’ADC en offrant une plus grande valeur ajoutée aux membres, en favorisant les interactions et en améliorant l’accès à l’information et aux services. Elle renforce le pilier «Voix de confiance » du plan stratégique Orientation prospective : Plan stratégique 2024-2029 de l’ADC, en renforçant la capacité de l’association à fournir des informations pertinentes, crédibles et accessibles sur la santé buccodentaire, la profession dentaire et les enjeux importants pour ses partenaires. Le site Web est souvent l’un des premiers points de contact entre le public et une organisation. Pour l’ADC, une présence numérique forte est essentielle à la communication avec la profession dentaire, le grand public et toute autre personne à la recherche d’informations fiables sur la santé buccodentaire et la médecine dentaire. « Ce lancement marque une étape importante, mais c’est aussi un point de départ, rappelle le Dr Burry. Nous disposons désormais d’une plateforme plus solide qui nous permettra de continuer à améliorer le site Web et les services numériques que nous proposons dans les années à venir. » 9 L’ADC sur le terrain Numéro 5 | 2026 |

Grâce à ses cycles rapides d’instruments emballés, le BRAVO G4 a toujours des instruments prêts pour le prochain patient. Assurez les soins à vos patients, sans les faire attendre. Les cabinets très fréquentés optent pour des configurations BRAVO G4 à deux appareils afin de faciliter le déroulement des opérations de stérilisation. Pendant qu’un appareil est en marche, l’autre peut être chargé ou déchargé. Assurez-vous de faire tourner régulièrement vos instruments emballés et réduisez les engorgements. Pas de stérilisation en attente. Un processus fluide. PLUS D’INSTRUMENTS Le BRAVO G4 traite davantage de charges que les stérilisateurs à chambre concurrents dans le même laps de temps.* PRÊT POUR PLUS Le BRAVO G4 est plus rapide et particulièrement efficace pour sécher des lots d’instruments creux emballés, comparativement à d’autres stérilisateurs. ADAPTÉ À VOTRE CABINET Plus gros ne veut pas toujours dire meilleur. Le BRAVO G4 est doté d’une chambre de 17 L ou 22 L, pour s’adapter au mieux au rythme de votre pratique. ENREGISTRE CHAQUE DÉTAIL Simplifiez la traçabilité pour votre équipe. Enregistrez les rapports de cycle sur l’appareil, envoyezles par courriel ou utilisez notre portail gratuit myCOLTENE. BRAVO est une marque déposée de SciCan Ltd. AVEC BRAVO, VOUS N’AUREZ JAMAIS À ATTENDRE. *Sur la base d'un cycle instruments pleins emballés continu de 42 minutes avec le modèle BRAVO G4 22 L / 240 V

À la suite de la suspension des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, ces derniers ont instauré des droits de douane de 50 % sur plus de 27 milliards de dollars de produits canadiens, à compter du 22 août 2026. En réponse, le gouvernement du Canada a annoncé des droits de douane équivalents sur divers produits américains à compter du 8 septembre 2026. D’après un examen préliminaire de la nouvelle liste des produits américains soumis à des contre-mesures tarifaires, les instruments dentaires et médicaux finis ne sont pas explicitement mentionnés ni visés. Cela correspond aux contre-mesures tarifaires précédemment instaurées début 2025, qui ne concernaient qu’une quantité limitée de produits dentaires. Toutefois, aujourd’hui, les outils à main, tels que les crampons et les pinces, semblent toutefois figurer sur la liste. Les coûts d’exploitation des cabinets dentaires pourraient également augmenter indirectement, les contre-mesures tarifaires entraînant une hausse des prix des installations cliniques essentielles et des intrants d’exploitation. L’ADC, en collaboration avec les associations dentaires provinciales et territoriales (ADPT) et d’autres partenaires, Liste des produits en provenance des États-Unis assujettis à des contre-mesures tarifaires En 2026, l’Association dentaire canadienne (ADC) a lancé ses premières Journées sur la Colline inversées, offrant ainsi aux membres de son conseil d’administration l’occasion de rencontrer des députés dans leur circonscription respective. Tout au long de l’été, les membres du conseil d’administration de l’ADC ont participé à plus de dix réunions avec des députés à travers le pays. Au cours de ces échanges, les membres du conseil d’administration ont mis en avant les priorités de l’ADC en matière de politique fédérale, notamment les défis liés au personnel de santé buccodentaire et les possibilités concrètes de renforcer le Régime canadien de soins dentaires (RCSD) au profit des patients et des dentistes. Ces rencontres ont permis aux membres du conseil d’administration de faire le lien entre les enjeux nationaux en matière de politique de santé buccodentaire et les expériences vécues par les patients et par les cabinets dentaires dans les circonscriptions des députés. Ces échanges ont ainsi fourni de précieux éclairages pour orienter les actions de défense des intérêts de la profession auprès du gouvernement fédéral. Les Journées sur la Colline inversées permettent à l’ADC de faire valoir ses revendications dans les circonscriptions des députés Les Journées sur la Colline inversées ont contribué à établir et à renforcer les relations avec des députés de partout au pays, tout en sensibilisant davantage ces derniers aux enjeux de santé buccodentaire dans leurs circonscriptions et en consolidant le rôle de l’ADC en tant que partenaire de confiance et non partisan en matière de politique de santé buccodentaire. EN BREF Voir : lnkd.in/p/gqrRJgCh [en anglais] continuera de suivre et d’analyser l’évolution de la situation, de fournir des mises à jour et de défendre les intérêts des dentistes canadiens. La situation étant en constante évolution, les données recueillies sur le terrain sont essentielles. L’ADC encourage les ADPT à signaler tout changement immédiat, tout avertissement des fournisseurs ou toute surtaxe de fret inhabituelle que notent les dentistes. Si votre cabinet constate quelque changement immédiat, avertissement d’un fournisseur ou surtaxe inhabituelle que ce soit, veuillez communiquer avec votre ADPT. Voir : bit.ly/4AmTUza (De gauche à droite) : Dre Daron Baxter, conseil d’administration de l’ADC; Dan Mazier député de Mont-Riding, Manitoba. 11 Numéro 5 | 2026 |

Dans le Système uniforme de codage et la Liste des services (USC&LS) de 2026, l’ADC et le comité USC&LS ont apporté des modifications aux services d’apexification et d’apexogenèse afin de mieux refléter leur complexité clinique et leurs exigences thérapeutiques spécifiques. Santé Canada a signalé que les programmes du Régime canadien de soins dentaires (RCSD) et des Services de santé non assurés (SSNA) ne sont pas en mesure de mettre en œuvre les modifications relatives à l’apexification et à l’apexogenèse avant la publication de leurs barèmes tarifaires de 2027. Lorsqu’ils soumettent des demandes d’autorisation préalable ou d’indemnisation pour des prestations d’apexification ou d’apexogenèse dans le cadre du RCSD et des SSNA, les dentistes doivent utiliser les codes de procédure figurant dans les barèmes de rémunération du RCSD et des SSNA 2026 applicables. Pour tous les autres assureurs, veuillez vous référer aux barèmes provinciaux ou territoriaux de 2026. Le rapport d’analyse de l’environnement 2026 de l’ADC a été publié en début d’année. Cette ressource exhaustive examine les tendances politiques, économiques, sociales, technologiques, sanitaires et dentaires qui redéfinissent le paysage de la santé buccodentaire au Canada. Elle identifie les facteurs clés susceptibles d’influencer la profession dentaire au cours des cinq à dix prochaines années, notamment l’évolution continue du Régime canadien de soins dentaires, la pénurie de personnel, les pressions en matière d’accessibilité financière, les progrès de l’intelligence artificielle et l’intégration croissante entre la santé buccodentaire et le système de santé dans son ensemble. En rassemblant des données, des recherches, des analyses et les tendances émergentes, ce rapport fournit des informations précieuses pour soutenir la planification stratégique et la prise de décision éclairée au sein de la profession. Le rapport est également disponible auprès des associations dentaires provinciales et territoriales (ADPT). Codes de procédure relatifs à l’apexification et à l’apexogenèse Rapport d’analyse de l’environnement de l’ADC Dans le cadre du programme régulier d’examen de l’admissibilité des membres (EAM) de Santé Canada, un envoi postal à grande échelle destiné aux patients du Régime canadien de soins dentaires (RCSD) était prévu en septembre 2026. Au cours de ce processus, Santé Canada examinera l’admissibilité des patients afin de vérifier s’ils continuent de remplir les conditions requises pour bénéficier du programme. Ce processus d’examen pourrait modifier le statut d’admissibilité de certaines personnes. À mesure que l’examen se déroule, les cabinets dentaires doivent savoir que l’admissibilité ou la couverture de certains patients pourrait changer. L’ADC continue de recommander aux cabinets dentaires de vérifier l’admissibilité et la couverture d’un patient au titre du RCSD à chaque visite, même si celui-ci a déjà bénéficié de soins dans le cadre de ce programme. Si un patient subit un traitement alors qu’il n’est pas admissible au RCSD ce jour-là, toute demande d’indemnisation associée sera refusée. Dans le cadre du processus d’EAM, les membres du RCSD reçoivent une lettre leur demandant de fournir des documents supplémentaires afin de confirmer leur admissibilité. Les personnes concernées disposent de 45 jours pour fournir les informations Examen des conditions d’admissibilité des membres au RCSD en cours requises. Les membres qui ne répondront pas dans ce délai verront leur couverture du RCSD résiliée à compter du 46e jour. Vérifier régulièrement l’admissibilité des patients permet aux cabinets dentaires de s’assurer qu’ils disposent des informations les plus récentes en matière d’admissibilité et de couverture, et d’identifier et de discuter de tout changement potentiel avec les patients du RCSD avant le traitement. Les cabinets dentaires doivent continuer à utiliser les procédures établies par le RCSD pour confirmer l’admissibilité et la couverture des patients. Voir : bit.ly/4cViltn Pour en savoir plus sur les codes à utiliser pour le RCSD ou les SSNA, consultez : tinyurl.com/n9644j48 Voir : tinyurl.com/4te76vjm 12 | 2026 | Numéro 5

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Les médicaments GLP-1 et la santé buccodentaire À mesure que l’utilisation des médicaments GLP-1 se répand, leurs effets se manifestent de plus en plus dans le fauteuil dentaire. Apprenez à reconnaître les risques pour la santé buccodentaire et ce que les dentistes peuvent faire pour aider les patients. Le Dr Aviv Ouanounou, B. Sc., M. Sc., DDS, est professeur agrégé à la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Toronto. Il a récemment fait paraître un article dans le Canadian Journal of Diabetes intitulé « Oral Health Considerations and Dental Management Guidelines for Semaglutide Medications ». Une personne mentionne à son dentiste qu’elle trouve que sa bouche est plus sèche que d’habitude. Une autre note que ses dents sont devenues sensibles. Une troisième signale avoir une mauvaise haleine persistante ou des reflux fréquents. A priori, il ne semble y avoir aucun point commun entre tous ces troubles, mais il pourrait y en avoir un : l’amorce d’un médicament GLP-1. Les agonistes du récepteur peptide-1 de type glucagon (GLP-1), qui comprennent le sémaglutide, sont maintenant largement prescrits contre le diabète de type 2 et pour la perte du poids. À mesure que leur utilisation se répand, les dentistes sont de plus en plus susceptibles de voir des patients qui prennent ces médicaments et d’observer certains de leurs effets secondaires. Le sémaglutide stimule la sécrétion d’insuline, diminue la sécrétion de glucagon, ralentit la vidange gastrique et favorise la sensation de satiété. Ces effets peuvent apporter des bienfaits métaboliques importants, mais aussi entraîner une sécheresse buccale, des nausées, des vomissements, un reflux gastro-œsophagien et des changements d’appétit, ce qui peut avoir des répercussions sur la santé buccodentaire. Heureusement, les données actuelles ne suggèrent pas que le sémaglutide endommage directement l’émail, la dentine, la pulpe dentaire ou le ligament parodontal. Les complications buccales ont plutôt tendance à se développer indirectement, par des modifications du débit salivaire, de la digestion, de l’alimentation et de l’exposition à l’acide gastrique. En connaissant les signes à surveiller, les dentistes peuvent détecter les troubles à un stade précoce et offrir des soins préventifs concrets. S’attarder d’abord à la sécheresse de la bouche Les personnes sous sémaglutide signalent souvent une sécheresse de la bouche et une diminution du débit salivaire, qui ne relèvent pas d’une simple question de bien-être. La salive lubrifie et nettoie la bouche, aide à contrôler les microorganismes, neutralise les acides et favorise la reminéralisation de l’émail. Les patients peuvent signaler une soif persistante, une sensation de bouche sèche ou collante, ou une sensation de brûlure sur la langue ou la muqueuse buccale. Certains peuvent avoir de la difficulté à mâcher ou à avaler, tandis 14 | 2026 | Numéro 5

que les personnes qui portent une prothèse dentaire peuvent ressentir une irritation accrue ou avoir de la difficulté à maintenir la stabilité de leur prothèse. Sur le plan clinique, la salive peut paraître épaisse, filante ou mousseuse. La diminution du débit salivaire peut poser des risques de caries, notamment de caries radiculaires chez les personnes âgées. Elle peut aussi contribuer à l’apparition d’une gingivite, de candidose buccale et d’un inconfort au niveau des muqueuses. Les dentistes devraient mettre l’accent sur l’hydratation et la stimulation de la salivation. Il faut inciter les patients à boire de l’eau régulièrement et éventuellement leur conseiller la gomme à mâcher ou les pastilles sans sucre contenant du xylitol. Les hydratants pour la bouche peuvent aussi leur apporter un soulagement. Le fluor est particulièrement important pour les personnes atteintes de xérostomie. Celles qui ont une diminution importante du débit salivaire et un risque élevé de caries pourraient tirer profit d’efforts préventifs plus intensifs, comprenant l’application topique de fluor par un professionnel et des rendez-vous de suivi plus rapprochés, par exemple tous les trois ou quatre mois. Les patients qui ont des reflux et des vomissements fréquents ou persistants devraient aussi consulter leur médecin. Ces symptômes pourraient justifier une réévaluation du médicament ou du schéma thérapeutique. Au-delà de l’«haleine d’Ozempic» Certains patients sous sémaglutide signalent une halitose prononcée, parfois appelée familièrement «haleine d’Ozempic» ou «bouche Ozempic». L’halitose est rarement attribuable à une seule cause. La diminution du débit salivaire limite le nettoyage naturel de la bouche, tandis que le ralentissement de la vidange gastrique, le reflux et les éructations peuvent ajouter une composante extrabuccale. Il est important de ne pas tenir pour acquis que le médicament explique tout. Un examen complet doit tout de même s’attarder à l’accumulation de plaque dentaire et de tartre, à la santé parodontale, à l’enduit de la langue et aux habitudes d’hygiène buccodentaire du patient. La prise en charge du patient peut être relativement simple : un brossage plus minutieux, un nettoyage quotidien des espaces interdentaires, une bonne hygiène de la langue et une hydratation adéquate. Il peut aussi être utile de traiter la xérostomie. Une altération de la perception du goût peut constituer une autre source de préoccupation. Certaines personnes décrivent un goût métallique ou amer persistant, un trouble appelé dysgueusie. D’autres souffrent d’une perte d’appétit telle qu’elles en viennent à sauter des repas ou à adopter une alimentation très restrictive. Des questions sur les habitudes alimentaires pourraient faire ressortir des inquiétudes qui, autrement, passeraient inaperçues. Lorsque l’apport alimentaire semble insuffisant ou déséquilibré, une évaluation nutritionnelle peut s’imposer. Faire preuve d’une vigilance particulière en cas de sédation ou d’anesthésie générale Les médicaments GLP-1 méritent une attention particulière quand un traitement dentaire nécessite une sédation profonde ou une anesthésie générale. Étant donné que ces médicaments ralentissent la vidange gastrique, des aliments peuvent rester plus longtemps que prévu dans l’estomac. Cela peut accroître le risque de régurgitation et d’aspiration pulmonaire, même lorsque le patient a suivi les consignes de jeûne. Les recommandations périopératoires concernant les GLP-1 ont évolué au fil du temps, et il n’est actuellement pas recommandé d’arrêter systématiquement le médicament avant une intervention. L’approche la plus sûre dépend de plusieurs facteurs, notamment du médicament particulier que prend le patient, de la durée du traitement médicamenteux, de la présence éventuelle de symptômes gastro-intestinaux, du contrôle glycémique, du type d’intervention et du niveau de sédation prévu. Les dentistes qui administrent ou organisent une sédation profonde ou une anesthésie générale doivent consulter les lignes directrices en soins périopératoires en vigueur et assurer une coordination avec le médecin traitant du patient et l’anesthésiste. Il ne faut pas conseiller aux patients d’arrêter de prendre un GLP-1 sans consultation médicale. La diminution du débit salivaire peut poser des risques de caries, notamment de caries radiculaires chez les personnes âgées. Elle peut aussi contribuer à l’apparition d’une gingivite, de candidose buccale et d’un inconfort au niveau des muqueuses. Surveiller les effets du reflux et des vomissements Vu que les médicaments GLP-1 ralentissent la vidange gastrique, certains patients souffrent de nausées, de reflux gastro-œsophagien ou de vomissements. Une exposition répétée à l’acide gastrique peut progressivement dissoudre la structure dentaire et entraîner une érosion permanente de l’émail. Les lésions érosives précoces se présentent souvent sous forme de zones lisses, peu profondes et en forme de cuvette. Elles se situent fréquemment sur les faces palatines ou linguales des dents, où elles peuvent facilement passer inaperçues. Lorsque l’érosion atteint la dentine, une sensibilité au froid, à la chaleur ou aux aliments sucrés peut se faire sentir. Les actions prises par les patients immédiatement après des vomissements peuvent peser dans la balance. Il faut conseiller aux patients de ne pas se brosser les dents tout de suite, puisque l’acide gastrique amollit temporairement la surface de l’émail et la rend plus vulnérable à l’usure. Ils devraient plutôt se rincer la bouche avec de l’eau ou une solution douce de bicarbonate de sodium pour aider à neutraliser l’acide. Après avoir attendu de 30 à 60 minutes, ils peuvent se brosser les dents délicatement avec une brosse à dents à poils souples et un dentifrice au fluorure. 15 Numéro 5 | 2026 | L’observatoire

Parler des traitements par GLP-1 La plupart des patients sous un GLP-1 n’auront pas à changer radicalement leurs habitudes d’hygiène dentaire. La priorité consiste à poser les bonnes questions, à reconnaître les risques individuels et à intervenir de manière précoce. En obtenant les antécédents médicaux, déterminez quel médicament GLP-1 prend le patient, pourquoi il lui a été prescrit et depuis combien de temps il l’utilise. Posez-lui directement des questions sur la sécheresse de la bouche, les nausées, le reflux, les vomissements, la mauvaise haleine, les changements au niveau du goût ainsi que les changements d’appétit ou d’alimentation. Les patients peuvent ne pas se rendre compte que ces symptômes ont une incidence sur leurs soins dentaires, à moins que le dentiste ne fasse le rapprochement pour eux. L’examen clinique doit inclure une évaluation du débit salivaire, de l’apparition ou de l’évolution de caries, de la présence d’une inflammation gingivale ou d’une candidose et des signes d’érosion dentaire. Les conseils préventifs doivent mettre l’accent sur une hygiène buccodentaire rigoureuse, un brossage des dents deux fois par jour avec un dentifrice au fluorure, une hydratation régulière et la stimulation de la salivation. L’application topique de fluorure par un professionnel et des rendez-vous de suivi plus fréquents peuvent être indiqués chez les patients présentant un risque accru. À ne pas perdre de vue Pour les dentistes, il est essentiel de ne pas traiter chaque patient sous GLP-1 comme s’il s’agissait d’un cas clinique ou dentaire complexe. Quelques questions judicieuses, un examen minutieux et des soins préventifs prodigués en temps opportun peuvent aider les patients à préserver leur santé buccodentaire tout en continuant à profiter des bienfaits de ces médicaments. Référence Kofman K, Ouanounou A. Oral health considerations and dental management guidelines for semaglutide medications. Can J Diabetes 2026 Apr 10:S1499-2671(26)00066-3. Regardez le Dr Aviv Ouanounou discuter des médicaments GLP-1 et de santé buccodentaire sur CDA Oasis [en anglais]: tinyurl.com/9nrxd235 Médicaments GLP-1 et santé buccodentaire Guide de référence rapide à l’intention des dentistes généralistes Observations / risques cliniques Mécanisme probable Questions clés de dépistage Prise en charge au fauteuil Xérostomie / Sécheresse de la bouche Diminution du débit salivaire associée aux effets des médicaments à action systémique et à une diminution de l’apport hydrique • Avez-vous la bouche sèche ou pâteuse ou avez-vous toujours soif? • Avez-vous de la difficulté à avaler ou à porter une prothèse dentaire? Aide à la salivation : Encouragez une hydratation régulière, la consommation de gommes à mâcher ou de pastilles contenant du xylitol, ainsi que l’utilisation de produits hydratants pour la bouche. Prévention des caries : Renforcer l’application topique de fluorure et envisager des rendez-vous de suivi tous les trois à quatre mois s’il y a un risque accru de caries. Érosion et sensibilité dentaires Un ralentissement de la vidange gastrique peut contribuer à l’apparition de reflux, de nausées et de vomissements, ce qui augmente l’exposition buccale à l’acide • Avez-vous déjà souffert de reflux, de brûlures d’estomac, de nausées ou de vomissements? • Vos dents sont-elles devenues plus sensibles au chaud, au froid ou aux sucreries? Après des vomissements ou un reflux : Conseillez au patient ou à la patiente d’éviter de se brosser les dents immédiatement. Recommandez-lui de se rincer la bouche à l’eau ou avec une solution de bicarbonate de sodium, puis d’attendre de 30 à 60 minutes avant de se brosser les dents. Lien avec le médecin traitant : En cas de reflux persistant ou important, il convient d’en discuter avec le médecin traitant. Halitose (« haleine d’Ozempic ») Probablement multifactorielle : xérostomie, diminution de l’action nettoyante de la salive, changements alimentaires et reflux ou éructations • Avez-vous remarqué, ou d’autres personnes ont-elles remarqué, un changement récent ou inhabituel dans votre haleine? Évaluation en premier lieu : N’attribuez pas d’emblée une origine médicamenteuse à l’halitose. Évaluez la présence de plaque dentaire, de tartre, d’une maladie parodontale, d’un enduit lingual et d’autres causes. Prise en charge : Encourager le nettoyage interdentaire, le nettoyage de la langue et une hydratation adéquate. Dysgueusie et changements de l’alimentation Altération de la perception du goût d’origine médicamenteuse, associée à une perte d’appétit et à des changements importants de l’apport alimentaire • Avez-vous remarqué un goût amer, métallique ou différent dans la bouche? • Avez-vous considérablement modifié votre alimentation ou avez-vous commencé à sauter des repas? Évaluation des habitudes alimentaires : Posez des questions sur d’éventuelles restrictions caloriques importantes, le fait de sauter des repas ou des habitudes alimentaires restrictives. Demande de consultation : Envisagez une évaluation médicale ou nutritionnelle en cas de préoccupations importantes liées à l’alimentation ou à la nutrition. Sédation et risque d’aspiration Un ralentissement de la vidange gastrique peut entraîner une rétention du contenu gastrique et augmenter le risque d’aspiration lors d’une sédation profonde ou d’une anesthésie générale • Prenez-vous un médicament GLP-1? • Avez-vous déjà souffert de nausées, de vomissements, de ballonnements ou d’autres symptômes gastro-intestinaux? Évaluation préopératoire : Ne vous fiez pas uniquement à la période de jeûne observée. Coordination : Suivez les directives de soins périopératoires en vigueur et communiquez avec l’anesthésiste ou le médecin traitant lorsqu’une sédation profonde ou une anesthésie générale est envisagée. 16 | 2026 | Numéro 5 L’observatoire

L’assurance SolutionInvaliditéMC est conçue pour les dentistes — avec des caractéristiques exclusives adaptées à vos besoins professionnels spécifiques. Couverture non résiliable Primes à taux progressif et à taux uniforme garanties Caractéristiques propres à la dentisterie, dont l’option Profession habituelle De quelle couverture d’assurance invalidité avez-vous besoin? Calculez la couverture recommandée en fonction de votre revenu. L’assurance SolutionInvaliditéMC est souscrite par La Compagnie d’Assurance-Vie Manufacturers (Manuvie), PO Box 670, Stn Waterloo, Waterloo (ON) N2J 4B8. Une description complète de la couverture et des critères d’admissibilité de l’assurance SolutionInvaliditéMC, y compris les restrictions et les limites, figure dans la notice explicative qui énonce l’ensemble des modalités régissant la police. Un avantage de votre adhésion COMBLER L’ÉCART Votre couverture d’assurance invalidité suit-elle l’évolution de votre revenu? 1.800.561.9401 cdspi.com

Combler les lacunes : Au sein d’un service dentaire hospitalier Pour les patients ayant des besoins particuliers ou d’autres contraintes, les soins dentaires peuvent présenter des défis. Dans une série d’articles, nous présenterons trois programmes cliniques à travers le Canada qui contribuent à changer cette réalité. Le premier met en avant une clinique hospitalière située à Winnipeg, au Manitoba. Aux quatre coins du Canada, il existe des programmes – souvent rattachés à des hôpitaux, des écoles de médecine dentaire ou des services de santé publique – qui s’occupent des personnes pour qui il est difficile d’avoir accès à des soins dentaires à cause de leur état de santé ou de leur situation socioéconomique. Il s’agit notamment d’adultes ayant des besoins médicaux complexes, d’enfants avec d’importants troubles comportementaux ou sensoriels, de nouveaux arrivants ou de personnes itinérantes qui n’ont pas de papiers, ainsi que de familles qui n’ont tout simplement pas les moyens d’absorber les frais. Bien que les méthodes d’action de ces programmes varient, ils ont un objectif commun : veiller à ce que les soins buccodentaires restent accessibles, adaptés et en phase avec les besoins croissants de la population canadienne. Les programmes présentés ici ne constituent qu’un petit échantillon de ce qui est offert partout au pays, mais collectivement, ils témoignent des grands efforts menés par des dentistes, des professeurs, des étudiants en médecine dentaire et des partenaires communautaires pour combler les lacunes en matière d’accès aux soins et les adapter à une population en mutation. Alors que de plus en plus de personnes vivent à un âge avancé et doivent composer avec des troubles de santé de plus en plus complexes, ces programmes ne sont pas seulement importants pour bien des personnes, ils deviennent indispensables. Le Dr Chris Cottick dans son coin préféré, son bureau à la clinique C-3. 18 | 2026 | Numéro 5

Les trois exemples de cette série d’articles donnent un aperçu de ce qui se fait : une clinique dentaire à Winnipeg qui s’adresse aux adultes médicalement vulnérables; une faculté de médecine dentaire qui s’adapte à des changements de politique tout en formant les futurs dentistes à répondre aux besoins en évolution des patients; et une clinique pédiatrique à but non lucratif au Québec qui dispense des soins spécialisés aux enfants. Ensemble, ces exemples montrent comment la médecine dentaire, lorsqu’elle est intégrée dans différents contextes, contribue à renforcer le système de soins buccodentaires canadien et à étendre les soins à ceux qui en ont le plus besoin. Un service dentaire hospitalier Depuis deux décennies, le Dr Christopher Cottick s’occupe de la clinique dentaire pour adultes qui compte trois fauteuils dans le Centre des sciences de la santé de Winnipeg. Cette clinique attire peu l’attention – elle n’est ouverte que la moitié de la semaine, partage son local avec le service de chirurgie buccale et maxillofaciale, et fonctionne avec une équipe de résidents en médecine dentaire –, mais elle a une incidence énorme. Comme le dit le Dr Cottick, «Notre clinique est vraiment le dernier recours pour ces patients au Manitoba. » La clinique s’adresse aux adultes ne trouvant tout simplement pas leur place dans un cabinet dentaire classique, « Hélas, pauvre Yorick. » Les résidents et les internes en chirurgie buccale et maxillo-faciale se replongent dans leurs cours sur Shakespeare, tout en poursuivant avec assiduité leur formation à la clinique C-3. que ce soit en raison de la complexité médicale de leur état, d’un handicap physique ou cognitif, ou encore d’une anxiété profonde ou de troubles du comportement. « Nous voyons des patients de l’hôpital, des patients médicalement compromis et beaucoup de patients ayant des besoins particuliers », précise le Dr Cottick. Il peut s’agir d’adultes atteints d’autisme ou du syndrome de Down, de patients en oncologie, de patients ayant subi une greffe de moelle osseuse, de personnes devant subir une évaluation préopératoire du risque cardiaque, de personnes en convalescence après un traumatisme ou de patients hospitalisés en psychiatrie à long terme. Certains patients nécessitent des soins sous anesthésie générale ou encore une sédation, et beaucoup ont besoin d’une équipe de plusieurs personnes seulement pour être positionnés et stabilisés en toute sécurité. «Il est très difficile de soigner certains patients en cabinet privé », avoue le Dr Cottick. Étant donné que la clinique est la seule de son genre au Manitoba et qu’elle voit aussi des patients du Nunavut et du nord-ouest de l’Ontario, il n’est pas rare que des patients doivent faire un voyage de six à huit heures pour y recevoir des soins. Une formation qui façonne une carrière Le Dr Cottick a fait un stage à la clinique dentaire du Centre des sciences de la santé de Winnipeg en 1990-1991, une expérience transformatrice pour lui. « Elle a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Les patients que j’ai vus, ma formation en chirurgie buccale, toutes les techniques de sédation utilisées… tout cela ne s’oublie pas. Je suis un dentiste totalement différent grâce à cette expérience. » Bien qu’il ait envisagé d’exercer au privé avec son frère aîné, il a changé d’orientation après sa formation en milieu La clinique s’adresse aux adultes ne trouvant tout simplement pas leur place dans un cabinet dentaire classique, que ce soit en raison de la complexité médicale de leur état, d’un handicap physique ou cognitif, ou encore d’une anxiété profonde ou de troubles du comportement. 19 Numéro 5 | 2026 | Point de mire

hospitalier. Il a consacré vingt ans à mettre en place le programme de résidence et à recruter de jeunes dentistes désireux d’acquérir des compétences en milieu hospitalier et en soins spécialisés. La mise en œuvre progressive du Régime canadien de soins dentaires (RCSD) a ajouté à la lourdeur administrative de la clinique, qui doit déjà tenter de répondre à de grands besoins malgré des capacités limitées. La plupart des patients sont pris en charge par les services sociaux provinciaux ou les programmes d’aide aux personnes handicapées. Vu que le RCSD est structuré pour être le premier payeur, la logique administrative et l’enchaînement des étapes établis de longue date dans les programmes provinciaux de soins dentaires ne sont plus les mêmes, ce qui a créé de l’incertitude par rapport aux façons de faire habituelles. Ce bras de fer laisse les adultes vulnérables, dont beaucoup vivent dans des foyers de groupe où le roulement de personnel est élevé, dans une situation délicate. « Il faut se réinscrire tous les ans, déplore-t-il. Certains patients n’ont pas de famille qui s’occupe d’eux. Le personnel est parfois nouveau. Tout à coup, un patient qu’on voit régulièrement se présente et n’est plus couvert. » Tout étudiant de quatrième année doit faire un stage d’une semaine en milieu hospitalier, où il côtoie des chirurgiens-dentistes et observe la prise en charge de patients ayant des besoins particuliers. Sensibilisation des patients assurée par l’équipe de chirurgie buccale et maxillo-faciale dans la salle d’opération no 1. Membres de l’équipe de médecine dentaire et de chirurgie buccale et maxillo-faciale de la clinique C-3. 20 | 2026 | Numéro 5 Point de mire

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